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Auvergne-Rhône-Alpes : L’éclairage d’un virologue

Bruno Lina, professeur, virologue à Lyon, membre du conseil scientifique/Image fournie par Bruno Lina

Une flambée des cas de covid est observée en cette période de janvier 2022. Le niveau de cas dépasse les 400 000 par jour. Bruno Lina, professeur, virologue à Lyon et également membre du conseil scientifique, intervient sur cette augmentation.

Illustration d’un virus

« C’est toujours difficile de savoir quand on va atteindre le pic avant que le pic ne soit arrivé. Les modèles nous disent que le pic devrait se trouver quelque part entre maintenant et le début du mois de février, probablement autour de la dernière semaine de janvier », indique-t-il. Il est donc probable que le pic soit effectivement dans une échéance courte. « Et de fait, après le pic, il y aura une décroissance », précise-t-il.

Pourquoi cela se produit durant cet intervalle ?

«Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’une des raisons pour lesquelles on est avec des niveaux de diagnostics d’infection aussi élevés, c’est parce, le nombre de tests réalisés par jour est extraordinairement élevé. Vous savez qu’en semaine glissée, on fait à peu près 12 millions de tests par semaine, ce qui correspond environ à 1,5 environ 1,8 millions de tests par jour », développe-t-il.

Bruno Lina, professeur, virologue à Lyon, membre du conseil scientifique/Image fournie par Bruno Lina

Cela fait un nombre considérable d’infections diagnostiquées à la fois chez des personnes symptomatiques : « parce qu’ils viennent consulter et du fait qu’ils ont les symptômes et les personnes asymptomatiques qui sont dépistées dans le cadre du contact tracing », indique le professeur. Sans oublier les nombreux dépistages réalisés en milieu scolaire.

Comment évolue l’épidémie dans ce cas ? 

 « On a une vision très exhaustive. Et au bout du compte, cette vision claire, elle nous donne potentiellement une robustesse dans les modèles de l’évolution de l’épidémie. Effectivement il y a beaucoup de cas. Et cette épidémie va décroître. La vitesse de cette décroissance sera, un petit peu le reflet de cette fameuse immunité collective. Bruno Lina poursuit… il faut bien comprendre que la raison pour laquelle l’épidémie monte vite, c’est due au fait que l’immunité n’est pas suffisamment importante pour freiner la diffusion d’un virus. Notamment lorsqu’il est aussi contagieux que le virus Omicron. Mais cette décroissance aussi, est le reflet de l’immunité collective qui s’est installée».

Que se passera-t-il après ?

« Je pense premièrement qu’on pourra peut-être estimer le niveau d’immunisation, que la population française aura acquis à la décroissance de cette épidémie. Et la deuxième chose, c’est que, comme on a eu beaucoup de cas de fait, plusieurs d’entre nous auront des anticorps post infectieux, post vaccinaux ou alors la combinaison des deux. Cela devrait permettre de commencer à nous protéger un petit peu collectivement », exprime-t-il.

Que doit-on savoir sur les variants du covid ?

le virologue détaille: « ce que l’on voit, c’est que ce virus a une capacité d’évolution qui est importante. On sait aussi un peu comment se fait la genèse de ces variants… Il y a plusieurs hypothèses que le microbe ne soit pas un descendant du virus Delta, puisqu’en fait, il a un historique. Il a une généalogie qui en fait un virus au lignage très différent de celui des virus Alpha, Beta, Gamma et Delta ».

A quoi doit-on s’attendre ?

«On s’attend finalement à voir, peut être deux hypothèses en face de nous », estime-t-il.

La première hypothèse, selon le scientifique, c’est l’apparition d’un variant qui est autonome, « c’est à dire que de nouveaux variants qui émergeraient à partir de la souche initiale et qui présenteraient un certain nombre de modifications génétiques, conféreraient un avantage par rapport à Omicron. Ces variants pourraient faire remplacer Omicron, comme celui-ci est en train de remplacer Delta. »

L’autre possibilité qui serait une bonne nouvelle finalement, d’après le virologue, «c’est qu’un variant émerge d’Omicron. Parce qu’à ce moment-là, ça voudrait dire que, les coronavirus auraient engagé une dérive évolutive, sur laquelle il y a un point d’ancrage qui était le point initial, le virus Wuhan. Puis un deuxième point d’ancrage qui est le virus Omicron, en sachant qu’Omicron a perdu en dangerosité. Et donc ce serait un virus qui dans les suites d’Omicron, pourrait continuer à avoir un potentiel de transmission élevé, mais peut être une dangerosité atténuée ».

Y-aura-t-il de nouveaux variants du covid ?

« On sait qu’il y aura des variants qui suivront Omicron. On ne sait pas quand ces variants apparaîtront. Peut être assez rapidement, peut-être plus tard et en fonction de la nature de ces variants. Ça nous permettra de savoir si on est sorti du cycle pandémique et qu’on rentre dans le cycle des épidémies saisonnières, potentiellement, ou si on est encore dans le cycle pandémique », renseigne-t-il.

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