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Drôme : Pourquoi la Justice se mobilise aujourd’hui

Image illustration. Pixabay

Ce n’est pas tous les jours que ça arrive : le monde de la justice se mobilise aujourd’hui. Magistrats, greffiers, fonctionnaires et avocats ont prévu de se faire entendre, ce mercredi 15 décembre, aux niveaux national et régional. Ces professionnels du droit demandent des moyens matériels et humains supplémentaires. En résumé, ils souhaiteraient que l’on permette à la justice de fonctionner dans de bonnes conditions. Pour eux, la coupe est pleine. “Il y a un sentiment d’abandon”, dénonce Dominique Dalègre, vice-président du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Valence et représentant de l’union syndicale des magistrats (USM).

Mobilisation des magistrats, greffiers et avocats ce mercredi 15 décembre;
Isabelle Bloch et Dominique Dalègre, magistrats à Valence, demandent plus de moyens pour faire fonctionner la Justice. Photo Chérie FM / Guillaume SOCKEEL

Du retard dans le traitement des procédures

“Il y a une concentration de difficultés matérielles, […] et une accumulation de lois, une bouillie législative infâme avec des textes qui ne sont ni réfléchis, ni concertés […] On n’en peut plus”. Le magistrat valentinois compare la situation actuelle avec celle de l’hôpital : “Ils manquent de lit, ils manquent de personnel soignant, et on leur dit : ce n’est pas grave, c’est juste une question de méthode et d’organisation !” 

Cette situation, que la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus n’a pas arrangé, entraîne du retard dans le traitement des procédures. “Les audiences sont pleines sur l’année qui vient. On va commencer les renvois, si ce n’est déjà fait, sur 2023“. Les exemples ne manquent pas. “Quelqu’un qui a une suspension de permis, entre le moment où il fait son infraction et le moment où son permis lui sera effectivement retiré en exécution de peine, il peut se passer deux ans”.

Une justice au bord de l’implosion

Une justice débordée, fatiguée, et au bord de l’implosion, selon ces professionnels. Isabelle Bloch, juge d’application des peines à Valence et représentante du syndicat de la magistrature, ne dit pas autre chose. “Les gens attendent pendant des heures dans la salle. Il sont convoqués, quand ils sont libres, à 13 h 30. Ils passent à 22 heures dans le meilleur des cas. Et pour les gens  qui sont en comparution immédiate, déférés, ils sont jugés à la va-vite, parce qu’on a pas le temps d’entrer dans les détails, de réfléchir à la peine qu’on va leur infliger, d’avoir des renseignements de personnalité. Et il faut bien le dire, au bout d’un moment on n’écoute pas. On n’écoute plus à 11 heures du soir !”  

Mobilisation régionale et nationale

Les magistrats, mais aussi les greffiers, fonctionnaires et avocats du territoire vont se mobiliser aujourd’hui à Grenoble. Au niveau national, une manifestation est prévue à midi devant le ministère de l’Economie, à Bercy.  

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Écrit par Guillaume Sockeel

Guillaume Sockeel, journaliste à la pointe de l'actu. D'une réactivité et d'une rigueur sans faille, il a un faible pour le vin, les uniformes... et les demi-échangeurs. L'équipe ne serait rien sans ses jeux de mots capillotractés (mais le mystère des stylos disparus serait peut être résolu ! )

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